Mauritanie : Sommet Union Africaine : A part la caution morale et politique que veut donner Emmanuel Macron, par sa Présence au Président Aziz, la conduite à tenir aux autres chefs d’Etats confrontés à des limitations de mandats, quelle lecture, peut-on faire de la tenue de ce 31éme sommet de L’ UA à Nouakchott ?

Le  Sommet de Nouakchott, se tiendra dans un contexte marqué par la complexité des défis auxquels l’Afrique est confronté, accentués par  un système international, de plus en plus, en perte de repères, dangereux, incertain et des Chefs d’ Etats africain , dont le premier souci et de rester au pouvoir

C’est dire, la force  des  attentes de ce sommet, qui traduit le nouvel engagement panafricain de la Mauritanie, le dynamisme de sa  diplomatie, l’affirmation de sa double appartenance arabo-africaine et le rôle qu’elle peut jouer pour consolider l’entente, la paix et la culture de l’alternance politique

Mais, l’on peux se demander, quelle est la valeur ajouté, que peut apporter l’organisation d’un tel événement, dont le coût avoisine les (14 milliards de nos ouguiyas), pour un Pays, comme la Mauritanie, qui occupe dans le classement mondial, une place de choix, au sein des Pays les plus pauvres et en proie à une  sécheresse implacable.

Il apparait malheureusement, de plus en plus de signes, qui mettent en évidence les faiblesses du multilatéralisme, parmi lesquels, l’incapacité de nos Etats en Afrique, de respecter leurs engagements ou de coordonner dans la durée, des politiques stratégiques d’intérêts communs.

Ce qui a provoqué des retards considérables, dans la mise en place et l’accélération des réformes adéquates de L’Union Africaine, par rapport  à la demande croissante des peuples aux défis et aux  enjeux mondiaux.

 Cette regrettable situation, compromet le développement et la paix de notre continent et se traduit concrètement, aujourd’hui,  plus que par le passé, par la  montée en puissance de tous les facteurs d’exclusion, comme  la xénophobie, les  égoïsmes nationaux voir même territoriaux, le repli identitaire, le racisme, la consommation à grande échelle des stupéfiants dans les rangs de la jeunesse, la mauvaise gouvernance, la prise illégal du pouvoir, les guerres, le terrorisme transfrontalier et la traversée à la nage, de milliers de jeunes africains, à leurs risques et périls, de la méditerranée vers l’ Europe.

Tous ses indicateurs constituent des signes avancés et annonciateurs, d’un recul de valeurs sans précédents, que nos dirigeants ignorent, cautionnent quand ils ne sont pas impuissants, pour apporter les solutions idoines souhaitées.

Sur le plan économique, l’Afrique n’est pas  à la hauteur des exigences de notre développement et des besoins croissants de nos populations

En effet, si elle a enregistré un taux de croissance de 5% de 2000 à 2014, de 3 % en 2017, de  2,2 % en 2016 et 3,5 % en 2015, ses chiffres estimés, surestimés ou tout simplement imaginés ne correspondent  pas à grand-chose sur le plan réel.

D’ailleurs la situation actuelle du continent est caractérisée, par  un contexte de faible diversification de nos économies, de grandes faiblesses, en termes de gouvernance et d’absence quasi-totale de filets sociaux larges efficaces.

Ce qui a eu des répercussions chaotiques sur des millions d’Africains, sans éducation, sans travail, sans protection sociale, sans repères familiaux et sans affection, abandonnés à leurs tristes sorts  errants dans une jungle humaine à l’indifférence générale.

L’Europe qui s’est construite devant nos yeux, depuis 1962 à ce jour, n’a pas attirée notre attention et nous n’avons pas, non plus, beaucoup appris de nos multiples échecs  en tant qu’africains et dieu sait que nous en avons eu.

Sur le plan de la gouvernance politique, parmi nos hôtes Africains  au moins  (9)  ont soient contourné la constitution de leurs Pays, pour rester au pouvoir, soient  planifient  de le faire, il s’agit notamment ;  du  Burundi,  Rwanda, Algérie, Niger, Togo, Congo, Zambie, Guinée, Egypte.

Bien évidemment, qu’il y a d’autres Pays qui ont eu, au moins, le mérite de gouverner leur peuple avec des dictatures éclairées et ont réalisé des progrès bien plus important, que ceux, soi-disant démocrates

En ce qui concerne, les engagements de L’Union Africaine, ci-après, quelques interrogations, sur les mesures prises, l’année dernière, au cours du 30 ème sommet de l’Union africaine, qui s’est tenu à Addis-Abeba, ainsi que, quelques questions, qui nous taraudent tous en tant qu’africains

Qu’en est-il  des résultats concrets obtenus en  2017, qui a été déclaré, année de la jeunesse, en particulier, en matière d’emplois et de formation professionnelle ? Qu’en est-il des engagements des Etats membres pris dans ce sens et qui se sont fixés comme date pour atteindre cet objectif juillet 2018 à Nouakchott ? Et, est ce que tous les Etats membres ont procédé à la  signature et à la ratification de la Charte africaine de la jeunesse.

Par ailleurs, si la Zone de libre-échange continentale a été franchie avec un succès relatif, qu’en est-il de l’adoption  de   l’Accord et des recommandations pertinentes qui en résultent ?

 Le projet  de mise en œuvre de l’Agenda 2063 qui porte sur le lancement,  du Marché unique pour le transport aérien en Afrique sera-t-il adopté, au cours du sommet de Nouakchott ?

Est-ce que le sommet de Nouakchott adoptera  le Protocole sur la libre circulation des personnes et le passeport africain ?

Qu’est qui a été fait dans le cadre de la lutte  contre les flux illicites de capitaux hors d’Afrique ?

2017 a été déclaré par L’ Union Africaine, l’année de lutte contre la corruption, quels sont les progrès réalisés dans ce sens ? Et qu’en est-il  de la démission de Mr Daniel Batidam, Président du Conseil consultatif de lutte contre la corruption (CCUAC), qui a accusé ses organes , de mauvaise gouvernance, abus de pouvoir à des fins de profits personnels et  de manque d’intégrité ?

Qu’est ce qui a été fait pour rendre effective la souveraineté financière de L’Afrique ?

Quel rôle L’UA a attribué à la société civile, dans le cadre de ses objectifs de développement pour L’Afrique, en dehors de sa corruption et son instrumentalisation par les systèmes politiques en place ?

Quelle contribution L’UA souhaite faire pour soutenir la force du G5 ?  Isselmou Ould Hanefi

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