Le processus du GFF en Mauritanie ; Qu’en est-il des recommandations, une année après, l’atelier de septembre-octobre 2019, de Dar Essalam, sur l’élaboration du Dossier d’Investissement ?

Le Mécanisme de financement mondial « GFF », assiste les pays à implémenter la stratégie de la couverture sanitaire universelle pour faire face aux plus grands défis de la santé qui affectent les femmes et les filles comme le droit de santé sexuel et reproductif. Et se  fixe  comme objectifs prioritaires  l’autonomisation des femmes et des filles.   En outre, il soutient les pays à mettre en œuvre des stratégies de santé pour s’attaquer à trois grands problèmes qui touchent les femmes et les filles, comme le dit si bien,  Charlotte Nielsen du Secrétariat du GFF:

1/ prioriser  les droits et les besoins des femmes et des filles, car les hommes et les femmes n’ont pas le même accès ni besoin, ni pouvoir de décision sur la santé, deux sur trois décès maternels dans le monde ont lieu en Afrique subsaharienne

2/Prendre en compte les femmes non seulement comme utilisatrices, mais aussi comme prestataires car les femmes occupent globalement 70% de la main d’œuvre en santé alors qu’elles occupent seulement 25% des postes en leadership en santé

3/ une femme sur quatre en Afrique subsaharienne n’a pas accès à un planning familial moderne de leur propre choix, D’ ou le soutien apporté à la  mise en œuvre d’un paquet de service de qualité et de prix bas qui est disponible pendant toute la durée du cycle et de vie de la  femme

Dans ce sens, la Mauritanie qui a adhéré au GFF en 2019 est confrontée à un taux de mortalité maternelle le plus élevé de la Région Afrique de l’Ouest (582 pour 100000NV), un taux mortalité néonatale et infantile très élevée respectivement 29‰ et 44‰, une natalité galopante de l’ordre de 5.2 et un faible taux de couverture des indicateurs de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, des adolescents et de la nutrition (SRMNIA+N) de façon générale. L’évolution récente des indicateurs SRMNIA montre des inégalités persistantes entre les régions, les différents groupes sociaux économiques et entre le milieu rural et le milieu urbain. De plus, la qualité des soins de SRMNIA-N est compromise par les multiples dysfonctionnements du système de santé à tous les niveaux. Il est clair à partir de ce constat que, la non implication de la société civile dans la mise en œuvre et le suivi des politiques de santé en générale et du GFF en particulier ne serait pas de nature à aider le ministère de la santé dans sa mission publique. Sa gestion fortement centralisée du processus GFF jusque là, et de  la riposte contre le COVId19 sont des exemples édifiants sur la nécessité d être plus ouvert, plus collaboratif et plus inclusif pour atteindre les objectifs qui concernent  le pays et requiert la participation de tous les acteurs nationaux. Les pays qui ont choisi comme option la centralisation gouvernementale dans la gouvernance sont aujourd’hui très loin derrière et poursuivront malheureusement cette décadence tant qu’ils ne sont pas devenus conscients et réalistes. Il suffit pour s’en apercevoir de regarder autour de nous.

Ainsi, une délégation de notre pays a participé à l’atelier du GFF qui s’est tenu à Dar es Salaam, Tanzanie, du 29 septembre au 4 octobre 2019. Cet atelier a réunit les 9 pays qui ont rejoints le GFF en 2019 avec l’objectif de : i) mieux faire comprendre l’approche et le processus du GFF, en particulier l’élaboration du dossier d’investissements ; et ii) permettre aux équipes de pays de parvenir à un accord sur les prochaines étapes au niveau national.  Ainsi, au terme de cet atelier, un accord a été trouvé de manière consensuelle entre tous les membres de la délégation nationale sur la gestion des prochaines étapes du GFF, une fois de retour au pays.  Malheureusement, plus aucun contact avec la Société Civile sur ce sujet depuis une année.

Selon les informations publiées, dans le cadre  de la mise à jour du portefeuille du GFF en  avril 2020,  le processus évolue lentement

Ce document présente une mise à jour du portefeuille des pays du Mécanisme de financement mondial (GFF). Il décrit les progrès réalisés dans la mise en œuvre des dossiers d’investissement dans les pays et souligne la manière dont le GFF appuie les efforts des pays pour améliorer les résultats en matière de santé des femmes, des enfants et des adolescents à travers une approche systémique intégrée.

Cette édition de la Mise à jour du Portefeuille met l’accent sur une approche axée sur les résultats pour définir et suivre le modèle du GFF grâce à l’utilisation du cadre logique du GFF. Elle met en évidence les travaux sur le renforcement des plateformes nationales et le rassemblement des investisseurs et examine les résultats à moyen terme liés à l’amélioration de la prestation de services, en particulier la qualité technique, les approches axées sur les résultats pour l’efficacité et un groupe consultatif technique sur les systèmes de santé de qualité. Le document fournit également des aperçus par pays articulant la valeur ajoutée du GFF et décrivant les progrès réalisés au cours des 12 derniers mois et les perspectives pour les 6 prochains mois dans les 36 pays actuels du GFF.

Les  Etapes franchises dans le cadre du processus GFF en Mauritanie :

En ce qui concerne la formulation du dossier d’investissement et processus du GFF : les parties prenantes se mobilisent et une feuille de route se dessine

Pour la préparation du dossier d’investissement. La préparation du dossier d’investissement se fera de concert avec la formulation par la Mauritanie, en 2020, de sa prochaine stratégie nationale pour la Santé. Des discussions ont été entamées au sujet de l’institution d’une plateforme nationale. Le mécanisme a été défini et est en attente de validation par le ministère de la Santé. Des concertations ont été engagées avec GAVI, le Fonds mondial et l’AFD pour aborder la question du cofinancement.

Pour la cartographie des ressources : une assistance technique a été fournie pour lancer l’exercice de cartographie des ressources, en coordination avec l’exercice mené actuellement par l’Union européenne. L’analyse de situation réalisée à l’aide des outils EQUIST et One Health devrait permettre de fournir les données probantes nécessaires au dossier d’investissement. Le ministère de la Santé a formulé un plan d’action pour répondre à la menace exercée par le COVID-19 et mobiliser les ressources en conséquence.

Données probantes et connaissances : les résultats de l’enquête démographique et de santé devraient être publiés cette année et permettre d’actualiser la base de données. La Banque mondiale a réalisé une analyse de l’espace budgétaire pour soutenir les efforts du gouvernement et enrichir l’analyse DRUM (Utilisation et mobilisation des ressources nationales) du dossier d’investissement.

Perspectives pour les six prochains mois

Utilisation des données à l’appui de la prise de décision : le GFF fournira des financements et un appui technique pour évaluer la stratégie nationale de santé existante et soutenir la formulation de la prochaine stratégie nationale, ce qui permettrait d’orienter le dossier d’investissement et de l’aligner sur celle-ci. Réunion des investisseurs : la Mauritanie dispose d’un groupe restreint d’investisseurs affichant un vif intérêt pour la mise en place d’un mécanisme de fonds communs. Le dossier d’investissement est une bonne occasion de les réunir et d’étudier un tel mécanisme. Formulation du dossier d’investissement : la feuille de route pour la préparation du dossier d’investissement en Mauritanie présente un plan visant à préparer un dossier d’investissement chiffré.

Elhanefi Isselmou

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