Isselmou ould hanefi: Au lieu de créer la Coalition Pour le Sahel et L’Alliance Sahel, pourquoi ne pas concevoir un plan de soutien massif, direct et coordonné au G5 Sahel ?

Les populations sahéliennes sont en proies depuis un peu moins de deux décennies à des crises nombreuses  multiformes actuelles et émergeantes.

Parmi celles-ci, l’insécurité, l’incivilité, la pauvreté, la croissance démographique, l’instabilité politique ou encore  le changement climatique.

Cette situation a fait  que nombre  de Sahélien se sentent non  seulement exclu(e)s du processus de développement  dans leurs Pays respectifs, mais parfois même totalement rejetés.

Au point de recourir au terrorisme,  comme moyen de s’affirmer pour faire prévaloir leurs droits, voir se révolter contre des systèmes politiques de plus en plus incultes et dictatoriaux.

Les indicateurs  et les réalités des pays du Sahel se rapprochent voir se  croisent chaque année. En août 2020, dans une publication pour L’Unicef,  plus de 1,8 million de personnes ont été déplacées dans les pays du Sahel Central, au Burkina Faso, au Mali et au Niger, dont 60 pour cent d’enfants.

Alors que de juillet 2019 à juillet 2020, rien qu’au Burkina Faso, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays en raison de l’insécurité et de la violence est passé de 237 000 à plus d’un million de personnes, soit une multiplication par 4.

Cette triste réalité socioéconomique du sahel maintient hélas ! Les indicateurs de développement  pour cette partie  de L’Afrique, parmi  les plus faibles au monde et l’expose à un  risque d’instabilité  permanent.

 Bien plus préoccupant, la recrudescence de la violence armée au Burkina Faso, au Mali et au Niger a eu un impact dévastateur sur la survie, l’éducation, la protection et le développement de ces Pays, en plus des effets négatifs induits que cette situation a engendré  sur leurs voisins.

Pour autant, la pandémie de COVID-19, les chocs subis par les systèmes de santé, de protection sociale et les grands bouleversements des priorités au niveau mondial n’ont pas facilité les choses.

Dans ce sens, chaque composante de la société  prise séparément à ses propres problèmes à l’accès aux droits pour tous et son interprétation spécifique de sa participation dans la construction du Pays.

Ce changement de paradigme sociétal imposé par cette nouvelle donne mondiale, la détérioration de la situation sécuritaire, les conséquences de la pandémie de COVID-19, le fardeau de la dette et la mauvaise gouvernance ont  mis en relief la fragilité des Etats de la région du SAHEL.

Ainsi la création dans la foulée de la Coalition pour le Sahel et L’Alliance Sahel dans ce contexte difficile,  sont à la fois de bonnes nouvelles, mais en même temps une  source d’inquiétudes.

Une bonne nouvelle,  quand des grands Pays  comme ceux  qui ont fondé ces deux Coalitions, aux cotés des Pays concernés de la région du Sahel se mettent ensemble, pour leurs apporter l’aide souhaitée.

Par contre, cette nouvelle – là devient inquiétante,  quand ces mêmes grands Pays, qui  sont déjà des partenaires du G5 Sahel, s’engagent à dupliquer ou presque des institutions dans la foulée, qui peuvent à terme se substituer à lui.

Et encourager l’adhésion  d’autres institutions africaines, qui ont eu de la peine jusque-là à atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés, malgré plusieurs années d’engagement politique, économique et social.

En particulier, si l’on sait que toutes les parties prenantes de ce partenariat convergent vers les mêmes objectifs à savoir ;

La lutte contre le terrorisme,  l’opérationnalité  de la force constituée par les États du G5 Sahel et la promotion du développement intégré des peuples de la région du Sahel.

Dans ce cas à quoi  servirait la création  de ces coalitions, des lors que les moyens  consentis  auraient pu être mobilisés pour mieux aider le G5 Sahel et se faire l’économie d’efforts pas très utiles ?

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