Elhanefi Isselmou : Pour un meilleur engagement de la communauté, la société civile mobilisée et disponible, pour garantir une représentativité de haut niveau des populations, dans les structures du GFF et dans la mise en œuvre des activités prévues dans le D.I

Le Mécanisme de financement mondial « GFF », assiste les pays à implémenter la stratégie de la couverture sanitaire universelle pour faire face aux plus grands défis de la santé qui affectent les femmes et les filles comme le droit de santé sexuel et reproductif. Et se  fixe  comme objectifs prioritaires  l’autonomisation des femmes et des filles.   En outre, il soutient les pays à mettre en œuvre des stratégies de santé pour s’attaquer à trois grands problèmes qui touchent les femmes et les filles, comme le dit si bien,  Charlotte Nielsen du Secrétariat du GFF:

1/ prioriser  les droits et les besoins des femmes et des filles, car les hommes et les femmes n’ont pas le même accès ni besoin, ni pouvoir de décision sur la santé, deux sur trois décès maternels dans le monde ont lieu en Afrique subsaharienne

2/Prendre en compte les femmes non seulement comme utilisatrices, mais aussi comme prestataires car les femmes occupent globalement 70% de la main d’œuvre en santé alors qu’elles occupent seulement 25% des postes en leadership en santé

3/ une femme sur quatre en Afrique subsaharienne n’a pas accès à un planning familial moderne de leur propre choix, D’ où le soutien apporté à la  mise en œuvre d’un paquet de service de qualité et de prix bas qui est disponible pendant toute la durée du cycle et de vie de la  femme.

Les organisations de la société civile (OSC) jouent un rôle important dans la réussite de tout processus GFF qui souhaite réussir, en particulier en Mauritanie, ce pays qui dispose d’un contexte très particulier :

Elles plaident pour l’affectation de ressources et pour la poursuite de diverses politiques ;  elles permettent aux  populations touchées de se faire entendre ; elles assurent le suivi et la redevabilité ; elles effectuent des travaux de recherche ; et, elles fournissent une assistance technique ainsi que des services. De nombreuses OSC opèrent et travaillent avec les communautés dans des sites que les autorités publiques et d’autres organisations ne sont pas en mesure d’atteindre. Les OSC sont essentielles au modèle de partenariat du Mécanisme de Financement Mondial (GFF) puisqu’elles permettent de mener les actions de sensibilisation et de mobilisation requises pour assurer que les interventions nationales répondent aux besoins des populations touchées et que la prestation de services respecte les principes d’accès, d’équité et de qualité.

Dans ce sens, l’implication des OSC dans la formulation du D.I ne semble pas être à l’ordre du jour du Ministère de la santé, une année après les recommandations pertinentes de l’atelier de Dar Essalam.

 la Mauritanie qui a adhérée au GFF en 2019 est confrontée à l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés de la Région Afrique de l’Ouest (582 pour 100000NV), un taux de mortalité néonatale et infantile très élevée respectivement 29‰ et 44‰, une natalité galopante de l’ordre de 5.2 et un faible taux de couverture des indicateurs de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, des adolescents et de la nutrition (SRMNIA+N) de façon générale. L’évolution récente des indicateurs SRMNIA montre des inégalités persistantes entre les régions, les différents groupes sociaux économiques et entre le milieu rural et le milieu urbain. De plus, la qualité des soins de SRMNIA-N est compromise par les multiples dysfonctionnements du système de santé à tous les niveaux. Il est clair à partir de ce constat que la non implication de la société civile dans la mise en œuvre et le suivi des politiques de santé en générale et du GFF en particulier ne serait pas de nature à aider le ministère de la santé dans sa mission publique. Sa gestion fortement centralisée du processus GFF jusque là, et de  la riposte contre le COVId19 sont des exemples édifiants sur la nécessité d être plus ouvert, plus collaboratif et plus inclusif pour atteindre les objectifs qui concernent  le pays et requiert la participation de tous les acteurs nationaux. Les pays qui ont choisi comme option la centralisation gouvernementale dans la gouvernance sont aujourd’hui très loin derrière et poursuivront malheureusement cette décadence tant qu’ils ne sont pas devenus conscients et réalistes. Il suffit pour s’en apercevoir de regarder autour de nous.

Ainsi, une délégation de notre pays a participé à l’atelier du GFF qui s’est tenu à Dar es Salaam, Tanzanie, du 29 septembre au 4 octobre 2019. Cet atelier a réunit les 9 pays qui ont rejoints le GFF en 2019 avec l’objectif de : i) mieux faire comprendre l’approche et le processus du GFF, en particulier l’élaboration du dossier d’investissements ; et ii) permettre aux équipes de pays de parvenir à un accord sur les prochaines étapes au niveau national.  Ainsi, au terme de cet atelier, un accord a été trouvé de manière consensuelle entre tous les membres de la délégation nationale sur la gestion des prochaines étapes du GFF, une fois de retour au pays.  Malheureusement, plus aucun contact avec la société civile sur ce sujet depuis une année.

Selon les informations publiées dans le cadre  de la mise à jour du portefeuille du GFF en  avril 2020, que  le processus évolue lentement

Ce document présente une mise à jour du portefeuille des pays du Mécanisme de financement mondial (GFF). Il décrit les progrès réalisés dans la mise en œuvre des dossiers d’investissement dans les pays et souligne la manière dont le GFF appuie les efforts des pays pour améliorer les résultats en matière de santé des femmes, des enfants et des adolescents à travers une approche systémique intégrée.

Cette édition de la Mise à jour du Portefeuille a mis l’accent sur une approche axée sur les résultats pour définir et suivre le modèle du GFF grâce à l’utilisation du cadre logique du GFF. Elle met en évidence les travaux sur le renforcement des plateformes nationales et le rassemblement des investisseurs et examine les résultats à moyen terme liés à l’amélioration de la prestation de services, en particulier la qualité technique, les approches axées sur les résultats pour l’efficacité et un groupe consultatif technique sur les systèmes de santé de qualité. Le document fournit également des aperçus par pays articulant la valeur ajoutée du GFF et décrivant les progrès réalisés au cours des 12 derniers mois et les perspectives pour les 6 prochains mois dans les 36 pays actuels du GFF.

Les  Etapes franchises dans le cadre du processus GFF en Mauritanie :

  • DOSSIERS D’INVESTISSEMENT DU GFF

Le dossier d’investissement est l’instrument qui ancre l’engagement du GFF dans un pays. Il est censé être un processus (et pas seulement la production d’un document) qui facilite la réalisation d’un consensus sur un ensemble clair de « priorités de priorités » pour accélérer les progrès sur les résultats de la SRMNEA-N dans les stratégies et les plans existants d’un pays donné. Le dossier d’investissement introduit – souvent pour la première fois – la rigueur de la priorisation en fonction

des ressources disponibles (qui sont estimées au moyen de la cartographie des ressources) et un système de suivi pour suivre les progrès par rapport à ces priorités. Les lignes directrices révisées sur les dossiers d’investissement énoncent que les priorités sont fixées dans deux domaines : un ensemble priorisé d’interventions et un ensemble de jusqu’à cinq réformes prioritaires pour le renforcement et le financement du système. Vingt des 36 pays partenaires du GFF ont achevé leurs dossiers d’investissement ; les autres pays sont en train d’élaborer le leur.

En Mauritanie comme dans la plupart des pays GFF, la formulation du dossier d’investissement qui est en cours d’élaboration se fait actuellement  de manière exclusive, dans le meilleur des cas, par la partie gouvernementale ou avec « sa société civile le cas échéant ».

Le DI s’est appuyé à travers l’esquisse d’une feuille de route qui présente un plan visant à préparer un dossier d’investissement chiffré et priorisé d’ici novembre/décembre 2020 qui devrait correspondre aux axes principaux de la nouvelle stratégie de santé.

Mais le départ non inclusif du ministère de la santé dans l’amorce de ce processus réside dans le fait qu’il n’a pas su impliqué toutes les parties prenantes, en particulier la société civile, qui a pourtant participé à tous les ateliers préparatoires, mais qui n’a eu aucun contact depuis plus d’une année,  avec le point focal sur ce sujet.

Si le Ministère de la santé  a engagé des discussions sur l’élaboration de la stratégie nationale de santé, la société civile n’a pas été impliquée et ne  dispose d’aucune information sur ce processus.

Aucune plateforme nationale multi acteurs à notre connaissance n’a encore été mise sur place, sauf si elle est  en attente de validation par le ministère de la Santé.

Nous n’avons aucune idée des concertations engagées avec le GAVI, le Fonds mondial et l’AFD pour sur la question du cofinancement, ou à la limite disposer de l information sur ce montant

Non plus aucune information sur la mise en œuvre du  plan d’action pour répondre à la menace exercée par le COVID-19 même si, nous avons  des  informations crédibles sur les ressources mobiliser auprès de l Etat et des partenaires, en dépit de plusieurs correspondances et plan d’ action envoyés par voie administrative.

Nous attendons avec beaucoup d’espoir les résultats de l’enquête démographique et de santé dont la publication prévue au cours de l’année. Nous espérons que  le Secrétariat du GFF tienne compte de ses remarques pour l intérêt  des populations, car l’expérience nous a appris que là, ou le gouvernement a pris le Leadership complet d’un programme, se sont les résultats et l’équité qui en pâtiront.

La désorganisation des organisations de la société civile (OSC) et des acteurs du secteur privé dans la préparation des dossiers d’investissement est une vielle stratégie gouvernementale, qui a pour objectif de composer avec des représentants alignés pour affaiblir l engagement de la communauté

Malheureusement cette mentalité administrative constitue un vieux  défi, pour la société civile et les partenaires, qui n’auront finalement d’autres choix, que de composer avec la partie gouvernementale, même si l’on est conscient à l avance de ses risques et ses faiblesses.

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