Elhanefi Isselmou : La Mauritanie autrement : Décentralisation, gouvernance locale et développement local, s’inspirer du passé pour analyser le présent et réfléchir sur l’avenir.

Nous comprenons par décentralisation, un Etat qui concède  à ses collectivités locales  des pouvoirs dans la gestion de leurs propres affaires.

C’est une vielle approche stratégique de développement qui date de l’indépendance,  mais n’a été effective, que vers les années 90, à la demande des peuples et sur la pression de la communauté internationale.

Chez nous en Mauritanie, en 2010,le gouvernement  à crée un comité interministériel chargé d’élaborer une nouvelle politique relative à la Décentralisation, composé du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, du ministre des Finances, du ministre de l’Urbanisme, de l’habitat et de l’Aménagement du territoire. Ce comité a mis en place un cadre juridique pour la politique de Décentralisation et le développement local.

  Pourtant,  plusieurs ministres de ce gouvernement,  sont encore dans l’exercice de leurs fonctions  une décennie après, sans que, cet important volet de la gouvernance ne soit avancé comme promis.

Si nous avions poursuivi cet engagement gouvernemental, nous aurions aujourd’hui,  jeté des bases solides d’une politique à mesure de moderniser l’Etat, de mieux impliquer les citoyens, dans l’action administrative, sociale et économique locale et gagné 10 ans.

Mais le plus grand problème de notre Pays n’est pas seulement l’impunité, ni la promotion et le respect des responsables publics par la confiance régulièrement renouvelée.

C’est plutôt la faiblesse de la mémoire de l’Etat et de la République, ainsi que le manque  d’un mécanisme indépendant  pour l’exécution, le suivi et l’évaluation des engagements politiques et des programmes publics.

Car nous constatons  sur le plan des inondations par exemple à Nouakchott et dans la plupart de nos Wilayas que les dégâts occasionnés par les dernières pluies ont suffit, pour faire apparaitre les faiblesses du mécanisme de gestion et de prévention des inondations en Mauritanie et ses partenaires, en particulier des ONGs internationales accréditées .

Ainsi, des digues de protection ont cédé dans certains cas, la réhabilitation de dispositifs d’assainissement de points d’eau stagnante et de puits au sein des communes les plus touchées a fait défaut,  le trafic routier interrompu paralysant l’activité économique.

L’état devait décréter, « L’Etat  d’urgence », ou faire appel à l’aide internationale, car les populations majoritairement pauvres se battent encore contre le Covid19 et n’ont pas suffisamment de force pour s’engager sur le front des inondations

C’est le moment de demander des comptes aux responsables concernés au cours de la décennie précédente sur ces graves manquements, d’organiser un débat public sur les questions d’aménagement du territoire au sein d’espaces de concertation multi acteurs et de mettre ceux qui sont en fonction devant leurs responsabilités.

Car ce programme représentait à lui seul 40% du budget  de la réhabilitation de dispositifs d’assainissement de points d’eau stagnante et de puits au sein des communes les plus touchées par les inondations.

Cette situation démontre qu’ il est temps  que nos collectivités locales prennent  en charge une grande part des politiques publiques en matière sociale, d’éducation et de formation, d’équipement, d’environnement et de transport.

Nos Conseils régionaux  doivent jouer  un rôle positif dans ce sens et assurer le service public local vis-à-vis duquel la demande de la population est croissante. La population demande des actes et non des paroles.

Depuis l’indépendance en 1960, nous tournons en vase clos, dans un cycle d’engagements politiques non tenus, de mauvaises gestions caractérisées et institutionnalisées et d’une mentalités d’ un autre âge..

Après tout ce temps perdu et ce gâchis, il serait dommage qu’une partie de l’élite dirigeante, n’est pas encore mure et consciente, pour comprendre que le monde change autour de nous  à une vitesse excessive et qu’aucun pays n’est à l’abri de ses conséquences imprévues.

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